Nous avons reçu le diagnostique que Camille était atteinte de la fibrose kystique le 1er février 2001.

Camille 7 mois
Elle venait à peine d’avoir 7 mois. Je me souviendrais toujours, du pneumologue, appuyé sur le lit de métal à l’hôpital St-Justine, m’annoncer que la recherche évoluait rapidement, que les statistiques de survie avait passé le cap de la trentaine, qu’avant St-Justine donnait des soins palliatifs pour les enfants FK et que maintenant la majorité était transférée dans des hôpitaux « pour adulte» à leurs 18es années… du bla-bla-bla.. Pour mon coeur de maman, j’avais peine à trouver dans ses mots du réconfort et encore moins de l’espoir. On venait de m’annoncer que mon enfant était atteint d’une maladie encore mortelle. Point à la ligne. Que son espérance de vie à elle ne serait que la moitié de celle de Statistique Canada.

J’ai assisté durant les dix dernières années à presque toutes les conférences médicales de FIBROSE KYSTIQUE QUÉBEC. J’ai une armée de RSS qui entrent toutes les nouvelles scientifiques concernant la maladie. J’ai lu, j’ai fouillé, j’ai copié et j’ai posé les tonnes de questions sur ma liste aux médecins de ma fille. Savoir, comprendre, être à l’affut.
Mais quotidiennement, nous n’avons rien « senti» de l’évolution scientifique depuis 2001.
Jusqu’à aujourd’hui..

Comme j’en parlais ici, Camille a toujours cette fichue de bactérie dans ses poumons. Malgré sa résistance à plusieurs familles d’antibiotique (oubliez le sirop à saveur de banane), elle utilise régulièrement la TOBI. Cet antibio n’est pas arrivé à irradier la bactérie complètement, mais nous sommes arrivés à éviter une importante colonisation qui causerait une dégradation rapide de sa fonction pulmonaire. Si vous croisez Camille, vivante et enjouée comme elle est, vous pourriez à peine croire qu’une bactérie aussi puissante puisse l’habiter. On la contrôle encore à coup d’antibios à doses régulières et à long terme, ciblé dans ses poumons afin d’éviter aux restes de son système une charge puissante. Mais comme l’expérience d’épisode H1N1 en 2009, sa capacité pulmonaire reste affaiblie si un petit virus ou une simple bactérie se présente.. Pour faire une métaphore, les soldats sont occupés à gérer le pseudomonas et parfois, il en laisse passer…

Donc voilà.. Pour revenir à la TOBI inhalation… +/- 40 minutes deux fois par jour avec un compresseur électrique super bruyant (machine pour diffuser un médicament en inhalation) et un nébuliseur à désinfecter chaque fois après chaque traitement. Les gens de mon entourage m’ont vu souvent faire bouillir cette casserole d’eau chaque soir, chaque matin pour y plonger le nébuliseur.

En plus, c’est un médicament qui reste au froid, qui se transporte avec un ICEPACK et qui coûte très cher. Dieu merci mes assurances privées le payaient, mais je devais quand même assumer le 10% d’une facture de plus de 3000$ mensuellement.
Et voilà que les chercheurs de chez Novartis avec leurs cocologies, comme dit si bien Camille, ont trouvé une façon géniale de produire l’antibio en poudre sèche. La TOBI® Podhaler®
FINI Le compresseur. Plus de Icepack, plus de bruit à réveiller les voisins à 7h am. Plus de désinfection et surtout… gagner du temps libre!!!! Pensez-y, chaque matin et soir, 40 minutes. Comme un athlète du poumon, Camille devait être sérieuse et disciplinée. Et moi être la coach, derrière qui dit toujours “GO! GO!”.

Le nouveau médicament c’est seulement quelques capsules à percer et inhaler en 5 minutes, matin et soir, en continu. Le Canada à été en avril dernier le premier pays au monde à approuver la TOBI en poudre.
Oui la TOBI reste dans notre vie. Vivre avec un enfant FK c’est même le soir de Noël, la journée où tu as la gastro, le matin où tu t’es levé en retard, le soir où tu as pris du vin et que tu t’amuses. Une discipline… Mais c’est maintenant un peu moins lourd sur nos épaules. Je parle en nous, car je considère que nous formons une équipe Camilliou et moi… Et autour, il y a nos partisans.. Les amis, la famille et parfois même des étrangers qui nous appuient sur les médias sociaux ou même silencieusement par des messages ou une présence qui se sent. Si vous saviez comment, ça fait du bien.. Parce même si ce n’est pas l’enfer, ni le paradis..On garde le cap et on savoure la vie avec vous…Merci..

Parce que vivre avec la maladie.. C’est parfois être profondément déçu des gens qui vous ignorent ou qui radotent des phrases ultras positives.. Ça me pue au nez. Mais cliché de dire “Pardonnez leurs, ils ne savent pas ce que c’est, ils ont un enfant en santé”. Tout le monde a de la sympathie, mais l’empathie n’est pas donnée à tous.
Ma mère disait souvent que les gens sont tellement assis sur leur propre bonheur, qu’ils oublient de se lever pour aider les autres. Elle a bien raison ma mère..
Bon bien l’aventure commence demain matin.. Camille a bien écouté les consignes à l’hôpital…
Merci les donateurs, les chercheurs… On peut maintenant rester à la maison un soir de panne de courant électrique. Elle pourra faire dodo chez une amie sans qu’on se casse la tête.. ON POURRA MÊME FAIRE DU CAMPING SAUVAGE!
Et que dire de la campagne de pub (avec un iPhone en plus
)… Elle fait tellement Camille d’ici quelques années..
